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B. Le mouvement interne

La charpente définit et indique donc un certain nombre de repères dans lesquels le groupe et les corps qui le constituent vont pouvoir voyager. La charpente indique, elle suppose, elle permet, mais elle ne nous dit pas grand-chose sur les mouvements qui s’opèrent en son sein. On peut avoir une très jolie charpente, toute ficelée, bien détaillée, qui soutient un groupe mort : tout est là et pourtant rien ne se passe. Car, comme on le verra plus loin, la charpente peut ouvrir au mouvement mais elle ne peut pas le créer, elle peut freiner le mouvement mais elle ne peut pas l’empêcher. Il s’agit donc de relativiser l’importance de la charpente. Elle est en somme seconde par rapport au mouvement du groupe, elle n’en est que la fixation provisoire et a posteriori. Il y a donc « d’abord » une force qui trace des variations d’énergies captées par d’autres forces, « puis » il y a ces forces qui se mettent à leur tour à propager, à rayonner. « Ensuite » arrivent des formes de structuration informelle et formelle de ces champs de forces qui se constituent. En somme, des points de fixation, de régulation. C’est sans doute trop vite dit, trop (chrono)logique, le processus réel est plus chaotique mais disons qu’une tendance passe par cette dynamique-là. Pour le dire autrement, dans une histoire collective, deux lignes vont cohabiter : tantôt le groupe produira une énergie qui bousculera la charpente qu’il s’est fixée ; tantôt un devenir fonctionnaire s’emparera de lui. Et il n’y a pas d’exclusivité : les deux mouvements peuvent avoir lieu au même moment, chacun avec des intensités différentes.

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