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 NOTIONS

Dissensus : au lieu de chercher un consensus autour du plus petit dénominateur commun, il s’agit plutôt de mettre à jour les pluralités de points de vue qui peuplent une situation déterminée en vue de s’appuyer sur ceux-ci afin de construire un consensus riche de ces différences.

Problème : 1er sens : nomination d’une zone dans laquelle on trébuche, on vacille. 2e sens : construction d’un nouveau point de vue qui fait effraction dans cette zone et qui réarticule les façons usuelles dont jusqu’à lors l’on pensait/problèmait nos modes d’existence collective.

Fabrications techniques : 1. création d’artifices, de dispositifs qui tentent d’induire de nouvelles habitudes (en rapport aux problèmes identifiés). 2. expérimentation, modification de ceux-ci selon les effets produits. 3. repère collectif en vue d’élaborer du savoir qui compte pour le groupe.

Explorer les possibles : prolongement du travail et des recherches en cours, bricolages, fabrications de dispositifs, exploration de nouvelles façons de faire, changements d’habitudes, créations d’espaces… « Du possible sinon j’étouffe ! » (Kierkegaard)

Psychologiser : couper une relation de son milieu. « Dans les discussions, dans les débats, il ne faut jamais psychologiser, c’est-à-dire : il ne faut jamais remonter d’une difficulté à des intentions ou à une faiblesse d’une personne. Il faut toujours rester techniquement autour du problème débattu sans jamais remonter à des interprétations psychologisantes » (I. Stengers)

Coalition informelle : le groupe a deux faces. La première présente l’ensemble des espaces-temps spécifiés de réunion, de travail, etc. Il s’agit de l’aspect formel de son organisation. La seconde, informelle, renvoie à l’ensemble des relations plus ou moins fréquentes et affinitaires que les membres d’un groupe entretiennent en dehors de ses temps propres. Ces relations sont autant de petites « coalitions informelles » où circulent et se construisent des paroles et des rapports qui influencent la vie du groupe. En quoi il n’y a ni bien ni mal. Il est néanmoins utile de prendre en compte cet aspect de la construction collective afin d’éviter que ces coalitions informelles ne se transforment en factions qui risquent de bloquer le travail du groupe, de l’emmener dans des chemins binaires, des guerres de tranchée.

Signe : une manière d’accueillir un événement qui marque l’histoire d’un groupe consiste à le prendre comme signe.

Le signe se définit comme une effraction. Il apparaît dans un mince défilé entre ce que l’on connaît déjà et ce que l’on ignore encore, entre nos habitudes de réfléchir et ce qui n’a pas encore de mot, d’expression pour le déployer. Déployer un signe demande d’épouser un nouveau point de vue qui peut nous ouvrir un nouveau sens sur nos manières d’exister.

Fonction/personne : la fonction n’est pas la personne.

Les situations qui ont scandé l’histoire d’un groupe amènent les personnes à occuper certaines fonctions, à être davantage attentives ou en prise avec certains de ses aspects, à en être, en quelque sorte, les « garants ». Ce faisant, elles jouent une sorte de rôle tacite dans lequel elles peuvent être enfermées. On aura vite fait, dans un moment chaud, d’oublier cette « logique de situation », de confondre les deux niveaux et de réduire le comportement de quelqu’un à quelques attributs psychologiques.

Hupomnêmata : mot grec qui désigne un aide mémoire, un lieu d’enregistrement des savoirs glanés. Ceux-ci ont pour fonctions précises de retracer les inventions, réussites et problèmes par lesquels le groupe est passé. L’hupomnêmata permet de cultiver une mémoire active du groupe qui l’aide quand il est confronté à des événements divers. Il agit comme élément de transformation de soi. L’humpomnêmata est le support technique à la culture des précédents. Il est le mode par lequel un groupe actif transmet ou échange avec un autre groupe ce qu’il a appris de son expérience.

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